Etape 8 - Avec Marie et Joseph, dociles à l’Esprit Saint#
En résuméMarie et Joseph nous montrent qu’une vie conduite par l’Esprit Saint est possible. Leur confiance, leur disponibilité et leur obéissance deviennent un chemin concret pour apprendre à dire notre propre « oui ».
Au Cénacle, la grande salle où aura lieu la Pentecôte (peut-être la même que celle où Jésus a vécu son dernier repas et où Jésus Ressuscité est apparu ?), il y a toute la petite Eglise naissante, toute craintive encore. Et je trouve tellement beau que saint Luc prenne le temps de dire que Marie est avec eux1. Je ne crois pas à un hasard… Des croyants, des grands saints qui se sont laissés conduire par l’Esprit, on pourrait en citer des milliers. Mais quoi de mieux que d’interroger Marie : « Maman, comment as-tu pu devenir si docile à l’Esprit Saint ? À Nazareth, avec Joseph, comment vous êtes-vous laissés conduire par l’Esprit ? » Dis-moi, apprend-moi !
L’Annonciation#
L’Annonciation, c’est vraiment le lieu où l’Esprit fait son chef d’oeuvre, concevoir dans le sein d’une jeune fille, d’une créature humaine, le Fils de Dieu qui va sauver le monde. L’ange dit à Marie2 : « l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. » Et Marie, par une réponse toute simple, accepte l’œuvre de l’Esprit en elle : « Voici la servante du Seigneur. »
On voit aussi Joseph qui se laisse guider dans l’accueil de ce que l’Esprit fait en Marie, dans un texte qu’on appelle parfois « l’Annonciation à Joseph ». Imaginez Joseph qui voit Marie enceinte avant même d’habiter ensemble. Humainement, imaginer que Dieu s’est incarné en Marie, c’est absolument impossible. Mais Dieu le guide. « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. »3
Alors oui, on peut dire que Dieu a accompagné Marie et Joseph de manière spéciale. Pour Marie, en tant que catholiques, nous croyons qu’elle a été préservée du péché, spécialement préparée pour donner Jésus au monde4. Mais nous voyons là le « style » de notre Dieu. Il nous donne l’Esprit Saint, mais en même temps il attend notre collaboration, comme il attendait celle de Marie. Nous avons un oui à donner, que personne ne pourra dire à notre place. Bien sûr que Dieu pourrait faire autrement. Mais il veut que nous ayons notre mot à dire… Saint Bernard dit que la Trinité est comme suspendue aux lèvres de Marie5. Dieu attend aussi notre réponse…
L’Esprit nous forme à l’image de Jésus, par Marie#
Comment pouvons-nous devenir docile à l’Esprit Saint ? Un moyen est de faire de la place à Marie dans notre vie. Lui demandant de prier pour nous. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, l’un des saints qui a le plus aimé la Vierge Marie, dit que « quand le Saint-Esprit trouve Marie dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique à cette âme abondamment ».6
Saint Louis-Marie utilise une belle image7. Un sculpteur a deux choix pour réaliser son œuvre. Soit sculpter patiemment, avec un ciseau et un marteau, méthode longue et risquée. Soit utiliser un moule, méthode plus facile et rapide. Saint Louis-Marie dit, « Marie est le grand moule de Dieu, fait par le Saint-Esprit, pour former un Homme Dieu. (...) Quiconque y est jeté et se laisse manier aussi, y reçoit tous les traits de Jésus-Christ, vrai Dieu, d’une manière douce et proportionnée à la faiblesse humaine ; sans beaucoup d’agonies et de travaux ; d’une manière sûre. »
Donc, si nous nous plaçons dans le moule qu’est Marie, et que nous nous laissons manier par l’Esprit Saint, comme du plâtre frais, il va nous former à la ressemblance de Jésus. « Le Saint-Esprit a produit en Marie, et par Marie Jésus-Christ, ce chef-d’œuvre, le Verbe incarné, (...) et il continue à produire tous les jours en elle et par elle, d’une manière mystérieuse », des enfants. Ces enfants, c’est nous. Pour être formés par l’Esprit, nous pouvons nous livrer entièrement à Marie notre mère.
Être dociles à l’Esprit comme Joseph et Marie#
On ne peut qu’imaginer la vie ordinaire à Nazareth. Evidemment l’Esprit est à l’œuvre à Nazareth. Il ne peut en être autrement, puisqu’il y a Jésus, l’homme le plus parfaitement et pleinement rempli de l’Esprit Saint, puisqu’il y a Marie, la créature de Dieu qui été la plus docile à l’Esprit Saint. Et puisqu’il y a le bon Joseph à qui Dieu a fait la grâce de porter son propre Fils dans ses bras, un homme juste et bon.
L’évangile nous rapporte quelques épisodes, où l’on voit Marie et Joseph pleinement dociles à ce que fait l’Esprit. L’un d’eux est particulièrement marquant, c’est la fuite en Egypte.
Voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »8 Et évidemment, Joseph ne perd pas une minute…
Joseph c’est l’obéissance parfaite. Il se lève sans tarder, de nuit, sur l’appel de Dieu, pour mettre en sécurité Marie et Jésus en Egypte. Et Marie lui emboîte le pas, comme le chante sainte Thérèse de Lisieux : « Joseph vient te prier de partir à l’instant / Et ton obéissance aussitôt se dévoile / Tu pars sans nul retard et sans raisonnement. »9
Un grand théologien jésuite, le père Louis Lallemant (qui est mort en 1635), a beaucoup parlé de la docilité à l’Esprit Saint. Il nous encourage à répondre à la volonté de Dieu et de demander à l’Esprit de nous aider à la connaître, de nous donner le courage de la suivre. Avant chaque grande décision par exemple. Le but est que l’Esprit conduise entièrement, gouverne pleinement notre existence. D’une certaine façon, que nous ne fassions plus rien sans lui.
Et qui le père Lallemant nous propose-t-il pour guide ? Saint Joseph ! « Nous mettre sous la conduite de saint Joseph, (...) car il a eu la charge de gouverner sous le Saint-Esprit le Fils de Dieu et sa Sainte Mère. Par le mérite de cet emploi, il s’est acquis comme une espèce de droit de diriger intérieurement les âmes fidèles. En effet, on voit sensiblement que celles qui le prennent pour directeur font de merveilleux progrès sous sa conduite. » 10
Saint Joseph est attachant, parce que d’une certaine façon il nous ressemble. Il est un simple être humain, qui a dû sentir que le job est trop lourd pour lui. Il a dû se sentir dépassé parfois ! Le père Lallemant dit que saint Joseph en recevant la tâche de conduire Jésus et Marie, « a eu un emploi infiniment plus relevé que s’il avait eu le gouvernement de tous les anges et la direction de l’intérieur de tous les saints. » 10
Saint Jean-Paul II précise que l’amour de Joseph est régénéré par l’Esprit Saint. L’Esprit Saint vient perfectionner, élever en lui l’amour. C’est d’ailleurs ce que fait l’Esprit en chacun de nous, « il façonne tout amour humain de la manière la plus parfaite. (…) Joseph, obéissant à l’Esprit, retrouva précisément en lui la source de l’amour, de son amour d’homme et d’époux, et cet amour fut plus grand que ce que “l’homme juste” pouvait attendre selon la mesure de son cœur humain. »11
L’Eglise a vu dans la Sainte Famille, une image de la Sainte Trinité où l’Esprit Saint est lui-même l’Amour, une personne-amour. Ne nous étonnons donc pas que « l’Esprit Saint aime venir entre Joseph et Marie, comme le Fils de Dieu fait homme en a fait lui-même l’expérience »12
Entrée en prière#
- Aujourd’hui, je vais vous donner une astuce de Sainte Thérèse de Lisieux, quand vous êtes perdus dans la prière : « Quelquefois lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse qu’il m’est impossible d’en tirer une pensée pour m’unir au Bon Dieu, je récite très lentement un Notre Père et puis la salutation angélique ; alors ces prières me ravissent, elles nourrissent mon âme bien plus que si je les avais récitées précipitamment une centaine de fois… »13
- Certains d’entre nous récitent le chapelet. J’aime moi-même beaucoup cette prière. Aujourd’hui je vous propose de ne dire qu’un seul « Je vous salue Marie », mais de le dire avec toute l’intensité, tout l’amour dans nous sommes capables. Comme si chaque mot avait un poids.
- Commençons par nous mettre à côté de Marie. Nous sommes à Nazareth et nous nous asseyons à terre, non loin d’elle. Elle est en train de préparer le repas. Elle cuit des galettes de pain sur une pierre qui a été chauffée dans le feu. Elle retourne chacune d’un geste vif.
- Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
- Je vous salue Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 14. ↩︎
Evangile de Luc, chapitre 1, versets 34 à 38. ↩︎
Evangile de Matthieu, chapitre 1, versets 20 à 24. ↩︎
Catéchisme de l’Eglise Catholique, n°491 ↩︎
Père Marie-Eugène, Au souffle de l’Esprit, p.263. Il cite Saint Bernard de Clairvaux. ↩︎
Traité de la Vraie Dévotion, n°35 et 36. ↩︎
Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, Traité de la vraie dévotion, n°219 et Secret de Marie, n°16-17. ↩︎
Evangile de Matthieu, chapitre 2, versets 13 et 14. ↩︎
Poème n°54, « Pourquoi je t’aime, ô Marie ! ». ↩︎
Jean-Paul II, Redemptoris Custos, n°17. ↩︎
André Doze, Joseph, l’ombre du Père. ↩︎
Manuscrit C, 25. ↩︎