Etape 2 - L’Esprit Saint révèle qui tu es#
En résuméL’Esprit Saint est comme un air de famille que nous partageons avec Jésus, notre frère, et aussi avec les autres chrétiens. Il nous révèle qui nous sommes en vérité: des fils et des filles bien-aimés de notre Père!
Ce que je vais vous dire dans cette vidéo, je voudrais le crier sous tous les toits : à chaque personne en souffrance, en recherche de Dieu, à chaque personne qui ne voit pas de sens à sa vie. J’ai longtemps cherché des mots assez puissants : aucun ne m’a paru suffisant. J’ai fini par accepter que je ne peux que faire de mon mieux... C’est à l’Esprit Saint de faire éclater cette vérité en vous ! Et je crois qu’il le fera !
L’Esprit Saint révèle votre identité#
Si on vous demande qui vous êtes, vous avez de nombreuses réponses possibles : français, maman, aide-soignant, fan des Sangs et Or, chrétien, etc. Tout cela est un peu vrai. Nous avons aussi parfois l’impression d’être ce que les autres pensent de nous, ce que des années de mensonge ou de péchés, nous ont fait croire.
Vous n’êtes pas d’abord cela. Ce que vous êtes avant tout, c’est des fils et des filles bien-aimés du Père. Déclarez-le à haute voix : « Moi, X, je suis le fils bien-aimé du Père ». Encore. Vous avez un frère, qui est le Fils par nature, et qui est venu nous dire – il est même mort pour cela – que nous sommes des fils et des filles aimés.
Allez lire dans l’Evangile, le passage du Baptême de Jésus. Jésus est dans l’eau. L’Esprit descend et le Père dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »1 Cette parole est pour vous aujourd’hui. Le Père est fier de vous, il vous dit « tu es ma joie »2. Personne, jamais ne vous enlèvera cela : quelle que soit votre histoire de famille sur terre, vous êtes faits pour habiter la maison paternelle.
Mais alors pourquoi ne vivons-nous pas comme des fils et des filles ? D’abord, l’Ennemi, l’esprit mauvais, essaie sans cesse de nous arracher notre identité. Ce qui le rend fou, c’est que Dieu nous traite comme des fils. La première chose qu’il va faire après le baptême de Jésus, c’est de l’attaquer sur son identité. Les tentations de Jésus commencent par « si tu es le Fils de Dieu… »3. Si Jésus a été attaqué sur ce point… nous n’y échappons pas.
L’autre problème, c’est que souvent nous savons beaucoup de choses dans notre tête, mais cela ne descend pas dans notre cœur. C’est là où l’Esprit intervient : il va réaliser cela en nous, le rendre réel, nous le faire expérimenter. Nous n’avons pas encore une mentalité de fils et de fille. Nous avons en nous des fausses images de notre Père… Que ce soit celle d’un papa gâteau, qui devrait tout donner tout de suite ou celle d’un père sévère, qui punit, qui nous dresse pour que nous soyons comme il veut. Nous avons encore une mentalité d’esclaves : pour qu’il ne me punisse pas ou pour qu’il me récompense, il faut que je sois comme ci, il faut que je fasse ça.
C’est tellement mal connaître notre Père. Saint Paul, nous dit : « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie “Abba !”, c’est-à-dire : Papa ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils »4. L’Esprit, peu à peu nous libère de ces fausses images et nous dévoile le vrai visage d’un Père, que nous pouvons appeler papa. L’Esprit nous révèle progressivement que nous sommes bien plus que ce que nous imaginons : des fils et des filles, libres, aimés tels qu’ils sont et capables d’aimer à leur tour. Il veut que vous soyez vous, et rien d’autre !
L’Esprit Saint est notre air de famille#
Pour développer ce point, on peut voir l’Esprit Saint comme notre air de famille5. Nos enfants se ressemblent beaucoup. En début d’année, ma fille est rentrée de la piscine en disant que son entraîneur s’est écrié en la voyant : « toi, je n’ai pas besoin de te demander de qui tu es la sœur ». Je rêve qu’on dise en me voyant : « toi, je n’ai pas besoin de te demander si tu es le frère de Jésus, tu as vraiment le même Esprit... »
Jésus, quand il marchait sur terre était un homme rempli de l’Esprit Saint, entièrement rempli, parfaitement rempli. Nous portons nous aussi cet Esprit. Et il va travailler en nous, nous transformer, peu à peu, pour nous rendre de plus en plus ressemblant à Jésus, qui lui est le portrait craché du Père (« Qui me voit, voit le Père » dit-il6). Grâce à lui, nous devenons chaque jour un peu plus fils et filles.
Saint Paul utilise deux images. Il parle de l’Esprit Saint comme d’un sceau sur votre front7. Le sceau, vous savez on l’utilise avec la cire, pour authentifier un document. C’est la marque qui prouve l’origine d’une lettre par exemple. L’Esprit Saint atteste ce que nous sommes, des fils de Dieu, que nous appartenons à sa famille.
Et puisque nous faisons partie de la famille, Saint Paul dit que, fort logiquement, nous sommes des héritiers8. Nous avons part au trésor de la famille. Or nous sommes des enfants de Roi et notre Père a un trésor infini. Nous bénéficions de tous ses biens. L’Esprit Saint c’est la part de cet héritage qui vous est donné en avance dès aujourd’hui, comme un « acompte ». Par lui, nous avons la présence, le soutien de notre Père et l’espérance de vivre éternellement avec Lui.
L’Esprit Saint est l’Amour#
L’Esprit Saint, au sein de la Trinité est comme le trait d’union entre le Père et le Fils. Il les connecte. Ou pour utiliser un mot plus juste, il est la communion du Père et du Fils. L’idée de communion, c’est plus fort que l’idée de relation. C’est avoir quelque chose « en commun », une relation du cœur, de deux amoureux ou amis très proches. On parle aussi de communion à la messe quand on reçoit le corps de Jésus.
Entre le Père et le Fils, il y a une telle puissance d’amour qui va et vient entre eux9, que cet Amour est lui-même une personne. Cet Amour c’est l’Esprit Saint. Saint Jean-Paul II, dit que l’Esprit Saint est « Personne-Amour », « Personne-Don »10. « Le Saint-Esprit est l’Amour personnifié. »11 L’Esprit Saint et l’Amour c’est synonyme !
Cela dépasse nos facultés, d’imaginer un amour si fort, qu’il devient une personne. Ma façon favorite de m’adresser à l’Esprit Saint, c’est de lui dire « tu es l’Amour du Père et du Fils ». Saint Augustin12 et Saint Thomas d’Aquin13, sans doute les deux plus grands théologiens de l’histoire de l’Eglise, l’appellent ainsi.
Vous me direz, tout ça c’est magnifique, mais si on reste au bord du chemin et qu’on ne fait pas partie de la communion… c’est bien triste. Avez-vous déjà oublié que vous êtes ses bien-aimés ? Vous pensez bien que votre Père a tout prévu. Cet Amour vous est donné, à vous aussi. « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné »14 dit Saint Paul. Cela signifie que l’Amour (ou l’Esprit Saint, c’est la même chose) que nous avons en nous, « est celui-là même avec lequel le Père, depuis toujours, aime le Fils : ce n’est pas un Amour différent. »15
C’est comme si l’Amour contenu dans la Sainte Trinité était tellement immense, qu’il déborde jusqu’à nous. Nous entrons à notre tour dans la communion16. C’est presque gênant d’être aimés à ce point, pauvres petites créatures, par le Dieu du ciel et de la terre. Et cela change tout, car nous pouvons alors aimer (Dieu et les autres) avec l’Amour de Dieu qui nous a été donné, autrement dit aimer avec le Cœur de Dieu.
Entrée en prière#
- D’abord, comme toujours prendre un moment pour m’apaiser, relâcher la tension et respirer à fond. L’attention à la respiration est un moyen ancien, pour entrer et durer dans la prière, déjà connu des premiers moines17.
- Maintenant, regardez de plus près cette icône : il y a une quatrième place à table. Le couvert est mis, il y a même une petite étiquette à mon nom. Alors je m’installe. J’entre dans la communion. Je suis vraiment au bon endroit, le meilleur qui soit. Il y a mon Père, qui est tout joyeux de me voir revenir à la maison, il y a mon frère Jésus, il y a l’Esprit Saint.
- Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
- Père je suis ton enfant, je suis né de toi, je sais que tu m’aimes.
- Jésus, mon frère aîné, rend mon cœur semblable au tien.
- Esprit Saint, tu es l’Amour du Père et du Fils. Tu es l’Amour que Dieu a déposé en moi. Tu viens aimer en moi.
Dans l’Evangile de Marc, chapitre 1, verset 9 à 11. ↩︎
Le père Raniero Cantalamessa, qui a été prédicateur du Vatican dit : « Nous donnons à Dieu une joie simple et sans pareille en l’appelant papa : la joie de la paternité. Son cœur ’s’émeut’ au-dedans de lui, ses entrailles ‘frémissent de compassion’ en s’entendant ainsi appeler (cf. Os 11, 8). Raniero Cantalamessa, La vie dans la Seigneurie du Christ, p.178. ↩︎
Evangile de Luc, chapitre 4, versets 1 à 13. ↩︎
Dans sa lettre aux Galates, chapitre 4, versets 6-7. ↩︎
Topo du Parcours Alpha, « Comment l’Esprit Saint agit-il ? » ↩︎
C’est Jésus lui-même qui le dit dans l’Evangile de Jean, chapitre 14, verset 9. ↩︎
Deuxième lettre aux Corinthiens, chapitre 1, verset 22. ↩︎
Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 17 ↩︎
La théologie dit que la « spiration » du Père et du Fils, produit l’Esprit Saint. Il y a un va-et-vient d’Amour entre eux, (à l’image de la respiration) qui produit l’Esprit Saint. ↩︎
Jean Paul II, Encyclique Dominum et Vivificantem (sur l’Esprit Saint), n°10. ↩︎
Père Marie-Eugène, Je veux voir Dieu, p.197. ↩︎
Marc Ouellet (1998), « L’Esprit Saint dans la vie trinitaire », Revue Communio, n° XXIII. ↩︎
Gilles Emery (2007), « L’Esprit Saint dans le commentaire de saint Thomas d’Aquin sur l’épître aux Romains », revue Nova et Vetera, n°82. L’Esprit Saint est le Nœud d’amour du Père et du Fils. ↩︎
Lettre aux Romains, chapitre 5, verset 5. ↩︎
Raniero Cantalamessa, La vie dans la Seigneurie du Christ, p.178. « Dieu communique à l’âme le même amour qu’il communique au Fils », dit Saint Jean de la Croix. ↩︎
Charles André Bernard (1986) Traité de théologie spirituelle, p.103. ↩︎
« À chacune de vos respirations, ajoutez la sobriété de l’esprit et le Nom de Jésus » (Pères du désert). « Que le souvenir de Jésus ne fasse qu’un avec votre souffle » (Saint Jean Climaque). Petite philocalie de la prière du cœur. ↩︎