Le Sacré-Cœur de Jésus#


En résumé

Dans cet enseignement, découvrez le Cœur de Jésus, qui est passionné d’amour pour vous. Le Sacré-Cœur n’a rien d’une dévotion un peu dépassée: c’est une déclaration d’amour qui vous est personnellement adressée!


Le Sacré-Cœur. Qu’est-ce que cela vous évoque ? La Basilique du Sacré-Cœur à Montmartre ? Le beau drapeau de la Vendée ? Une statue dans la maison de votre grand-mère ? Une dévotion d’autrefois, légèrement désuète ? Très longtemps, c’était un peu tout cela pour moi. Mais il y a 10 ans, en 2016, je suis allé à Paray-le Monial (en France), le lieu où Jésus est apparu, il y a 350 ans, à une petite religieuse, pour lui dire combien son Cœur est brûlant d’amour pour chacun d’entre nous. C’est le moment où le Sacré-Cœur est entré dans ma vie.

Toi en particulier#

À Paray-le-Monial, Jésus apparaît à Sainte Marguerite-Marie Alacoque. Comme pour toute apparition, il n’ajoute rien à ce qui a été dit dans l’Evangile. Jésus dit de lui-même qu’il est doux et humble de Cœur (Mt 11,29). Dans sa première apparition il vient expliquer cela. Ecoutez ce que dit Jésus : « mon cœur est passionné d’amour pour tous les hommes, et pour toi en particulier ». On pourrait presque s’arrêter là.

Quand j’ai entendu la première fois cette phrase, j’ai pris conscience d’une chose. Je croyais que Dieu nous aimait plutôt en masse, tous les hommes globalement. Une vision un peu statistique. Au total, il y a ceux qui tirent la moyenne vers le haut (les prêtres, les consacrés, ceux qui vont à la messe chaque jour et prient une heure, servent les pauvres). Et ceux qui tirent la moyenne vers le bas. Moi j’étais quelque part dans le ventre mou du classement, un croyant moyen qui passe inaperçu...

Du coup, tu es un peu étonné quand Jésus te pointe du doigt, qu’il t’appelle par ton nom et qu’il te dit « je t’aime toi en particulier ». Des dizaines de fois tu l’as entendu dire « les cheveux de ta tête sont tous comptés » (Lc 12,7) ou « tu as du prix à mes yeux et je t’aime » (Is 43,4) ou encore « celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai » (Jn 14,21)... Et un jour cela prend une saveur particulière, parce que tu comprends qu’il s’adresse à toi personnellement. Il te connaît.

J’ai pris conscience par la suite que j’avais, dans ma chambre, toute ma jeunesse, en face de mon lit, une image du Sacré-Cœur. Vous avez déjà eu cet impression qu’une image ou une statue vous suit des yeux ? Il me suivait de yeux, me souriant en général, mais parfois semblant m’adresser un regard de reproche lorsque je n’avais pas la conscience tranquille... Et en fait c’est vraiment ce qu’il se passe, nous vivons toujours sous son regard d’amour : nous, pas un autre. Il se soucie de nous. Il ne réserve pas son amour à des âmes d’élites : il est passionné pour toi en particulier...

« Il n’y aura pas un jour de notre vie où nous cesserons d’être une préoccupation pour le Cœur de Dieu », disait le Pape François (audience du 26 avril 2017).

Rendre amour pour amour#

Nous sommes aimés passionnément, mais le problème c’est que nous n’aimons pas assez en retour. Toujours à Paray-le-Monial, Jésus dit cela à Marguerite-Marie : « J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes (...) je ne trouve personne qui s’efforce, selon mon désir, pour me désaltérer, en rendant quelque retour à mon amour. » Il ne reçoit en retour de son amour que de l’ingratitude, de l’indifférence. N’est-ce pas terrible de penser cela ? On dit que saint François d’Assise s’écriait en pleurant « L’amour n’est pas aimé ! ».

Le grand désir de sainte Marguerite-Marie, c’est donc de rendre à Jésus amour pour amour. Et pour que cet amour grandisse, il n’y a pas mille façons de faire. Il faut être avec lui. Quand j’ai rencontré ma femme, que je suis tombé amoureux d’elle, rien n’aurait pu m’empêcher de passer le plus de temps possible avec elle. Nous devons entrer dans l’intimité avec Dieu… mais nos forces sont insuffisantes. Nous avons pourtant quelques moyens, qui sont inspirés du message de Paray-le-Monial. La proximité avec l’Eucharistie, notamment via l’adoration et la communion fréquente, nous permet d’être avec Lui. Nous avons là l’occasion de reposer notre tête sur la poitrine de Jésus, comme saint Jean (Jn 13,25) et de goûter, sans beaucoup de paroles, la joie d’être en sa compagnie.

Rester avec Jésus quand les choses se gâtent pour lui. Dans l’Evangile le lieu de grande souffrance c’est Gethsémani, où Jésus a tellement peur de ce qui vient. Nous rappelons cela le Jeudi Saint, la veille de la mort de Jésus. Or, Jésus demande à Marguerite-Marie de passer cette heure-là avec lui. Du coup, on a peu à peu pris l’habitude, tous les jeudis soir de 23h à minuit, de passer une heure avec Jésus. C’est ce qu’on appelle l’Heure Sainte, durant laquelle nous sommes invités à rester avec Jésus, délaissé par tous à Gethsémani, pour souffrir avec lui, le consoler. C’est magnifique, quand tout le monde dort, de veiller avec Jésus…

Tout au long de la journée, on peut vivre près du Cœur de Jésus. Dans mon enfance, à la maison, nous avions une belle fresque du Sacré-Cœur. Ma mère, qui est maintenant avec Jésus, s’arrêtait très souvent auprès de cette fresque et murmurait une courte invocation. Quelque chose comme « Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Toi ». C’est ce qu’on appelle une oraison jaculatoire, qui permet de garder un petit contact avec Jésus au fil de la journée.

Je suis toujours émerveillé de voir dans notre église combien la statue de Sacré-Cœur est visitée. Vous voyez à quel point une statue, une icône peuvent parfois favoriser notre prière, parfois juste pour nous rappeler que Dieu est là avec nous, que nous sommes aimés de lui.

Le Cœur Miséricordieux de Jésus#

J’ai choisi de vous parler principalement du message de Paray-le-Monial, mais j’aurais aussi pu vous parler de l’apparition du Sacré-Cœur à sainte Faustine, en Pologne, dans les années 1930. Il y aurait beaucoup à dire. Jésus vient confirmer ce qu’il a annoncé à Paray-le-Monial et met l’accent sur un autre aspect, la Miséricorde. « Je désire que le monde entier connaisse ma Miséricorde », dit-il à Faustine.

La Miséricorde, c’est l’amour plus fort que la mort ou le péché (Jean-Paul II). Pour comprendre, le plus simple c’est de regarder une scène d’Evangile, celle du fils prodigue (Lc 15,11-32). Jésus raconte l’histoire d’un fils, qui pourrait être chacun d’entre nous, qui s’éloigne du Père. Pour le dire vite, il prend son héritage, ses cliques et ses claques et il s’en va. Mais après bien des aventures, il s’aperçoit que c’était mieux à la maison. Le Père le voit arriver de loin. Demandez-vous juste ce que nous ferions ? Le Père ne regarde pas ses fautes passées, son Cœur est plein de compassion pour le fils, pour sa misère, pour sa souffrance et il court au-devant de lui pour le prendre dans ses bras. Voilà la miséricorde. Voilà ce que renferme le Cœur du Père et le Cœur de Jésus. Voilà à quel point nous somme aimés!

Temps de prière#

Je vous propose de finir en priant le chapelet de la Divine Miséricorde que Jésus a enseigné lui-même à sainte Faustine. Vous allez voir, c’est très court, environ dix minutes. Les paroles ne sont pas forcément faciles à comprendre au début, mais elles rappellent le sacrifice de Jésus sur la croix, par amour, par miséricorde pour nous.

→ Cliquez ici pour prier le chapelet de la Divine Miséricorde